TADJIKISTAN - Actualité (1990-1996)


TADJIKISTAN - Actualité (1990-1996)
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République du Tadjikistan

Politique intérieure

Le 24 août 1990, la république socialiste soviétique du Tadjikistan proclame sa souveraineté.

Le 9 septembre 1991, le Tadjikistan proclame son indépendance. Le 21, le Parti communiste se transforme en Parti socialiste. Le 23, Rakhmon Nabiev, un ancien communiste conservateur, est nommé à la tête du Parlement, ce qui provoque d’importantes manifestations à Douchanbé. Le 24 novembre, il parvient à se faire élire à la tête de la république, au suffrage universel, avec 58 p. 100 des voix.

Le 22 avril 1992, Safareli Kendjaev démissionne de ses fonctions de président du Parlement à majorité communiste élu en novembre 1991, après 1 mois de manifestations de l’opposition islamiste et démocrate.

Le 3 mai, il est rétabli dans ses fonctions. Le 5, à Douchanbé, de violents affrontements ont lieu entre manifestants islamistes et forces gouvernementales. Le 8, l’opposition contrôle Douchanbé. Rakhmon Nabiev doit accepter de participer à un conseil représentatif des différentes forces politiques chargées d’assurer la transition vers un régime non communiste. Le 11, un accord est conclu sur la formation d’un gouvernement d’union nationale.

Le 7 septembre, le président Nabiev, qui s’est placé sous la protection des militaires russes faisant partie des forces de la Communauté des États indépendants (C.E.I.), est contraint par l’opposition de se démettre de ses pouvoirs. Le président du Parlement Akbarshah Iskanderov assure l’intérim.

Le 10 novembre, Akbarshah Iskanderov et le gouvernement, qui représentaient les autorités «islamistes» et «démocrates», démissionnent, cédant aux exigences des partisans du président déchu, qui menaçaient de lancer une nouvelle attaque contre Douchanbé. Le 19, le Parlement élit à sa tête Ali Rakhmonov, gouverneur de la région de Koulab, fief communiste. Le Parlement entérine la démission d’Akbarshah Iskanderov et de Rakhmon Nabiev et confirme à son poste le Premier ministre Abdoulmalik Abdoulladjanov. Le 25, après 6 mois d’une guerre civile qui aurait fait quelque 50 000 morts, selon le gouvernement, les factions rivales concluent un accord de cessez-le-feu.

Le 10 décembre, les forces armées procommunistes s’emparent de la capitale. La division russe observe une attitude de complicité passive. Les hommes de Sangak Safarov, chef de guerre de Koulab, se livrent à une répression meurtrière contre les islamo-démocrates. Ceux qui y échappent rejoignent les dizaines de milliers de réfugiés qui tentent de trouver asile à la frontière afghane. Le 19, le chef de la coalition islamo-démocrate au Parlement, Saheb Nazarov, est assassiné. Les forces procommunistes aidées par l’Ouzbékistan prennent le contrôle de l’est du pays, puis de la région frontalière avec l’Afghanistan.

En juillet 1993, le Parlement décrète l’amnistie pour les anciens combattants islamo-progressistes.

Le 5 avril 1994, des négociations entre le gouvernement tadjik et l’opposition en exil s’ouvrent à Moscou, sous l’égide de l’O.N.U. et en présence du ministre russe des Affaires étrangères.

Le 6 novembre, le président du Parlement Rakhmonov est élu président de la République, avec environ 60 p. 100 des suffrages. Le scrutin était boycotté par l’opposition «islamo-démocratique». Les observateurs de la C.S.C.E. et de l’O.N.U. avaient refusé de surveiller le déroulement de la consultation, à l’évidence non démocratique.

Le 26 février 1995, l’opposition boycotte également les élections législatives remportées par le pouvoir.

Le 16 mai, le président Rakhmonov rencontre, pour la première fois, le chef de l’opposition, Abdallah Nouri, à Kaboul.

Le 11 décembre 1996, le président Rakhmonov et le chef de l’opposition islamiste signent, dans le nord de l’Afghanistan, un accord de cessez-le-feu, sous l’égide de l’O.N.U. et du président afghan renversé Burhanuddin Rabbani. Le 23, les 2 hommes signent à Moscou un accord de paix qui prévoit l’installation d’une commission de réconciliation ainsi que l’ouverture de négociations en vue d’aboutir, avant le 1er juillet 1997, à une paix durable. La guerre civile déclenchée au lendemain du renversement du régime communiste, en septembre 1992, a causé la mort de quelque 50 000 personnes en 4 ans. 30 000 soldats russes, que Moscou souhaite rapatrier, sont toujours stationnés au Tadjikistan.

Vie économique

En 1992, la guerre civile accentue la décomposition de l’économie. L’insécurité pousse 100 000 Russes, Ukrainiens et habitants de souche allemande à fuir le pays. Le nombre de personnes déplacées est évalué à plus de 200 000. Le 10 janvier, les autorités complètent la libération des prix, amorcée en avril 1991.

En 1993, les perspectives d’un redressement économique demeurent compromises par les antagonismes politiques, religieux et régionaux. L’appui donné par Moscou au régime s’explique par la volonté de faire obstacle à la poussée islamiste venue d’Afghanistan. Environ 50 000 réfugiés tadjiks rentrent au pays, ce qui permet d’assurer les deux tiers de la récolte de coton et l’essentiel des récoltes de céréales. Nombre d’entre eux ne voulaient pas être exclus de la redistribution des terres des anciens kolkhozes. La production industrielle de la région de Douchanbé diminue de 50 p. 100. Le déficit budgétaire atteint la moitié du P.I.B. Le pays est exposé à une pénurie de billets de banque, ce qui le contraint à maintenir en circulation les roubles émis avant 1993, en principe démonétisés.

En 1995, le Tadjikistan est la dernière république de l’ex-U.R.S.S. à introduire une nouvelle monnaie, le rouble. Cette mesure vise à pallier la démonétisation de l’économie tadjike où l’essentiel des échanges se faisait sous forme de troc. La libération du prix du pain fait croître l’inflation. Les productions d’aluminium et de coton sont en baisse, tandis que le trafic de drogue reste florissant.

En 1996, les productions de coton et d’aluminium chutent. L’économie continue à pâtir d’un haut degré de corruption.

Relations internationales

Le 13 décembre 1991, le Tadjikistan se rallie à l’idée de la C.E.I., créée le 8 à Minsk (Biélorussie). Le 21, à Alma-Ata (Kazakhstan), 11 des ex-républiques soviétiques entérinent la disparition de l’U.R.S.S. et adhèrent à la C.E.I. Le rouble demeure la monnaie commune.

Le 2 mars 1992, le Tadjikistan est admis à l’O.N.U.

Le 15 mai, le Tadjikistan, le Kazakhstan, la Russie, l’Arménie, l’Ouzbékistan et le Turkménistan signent un «pacte de sécurité collective».

Le 4 septembre, alors que les opposants tadjiks ont demandé à la C.E.I. de ne pas intervenir, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizstan et l’Ouzbékistan décident d’envoyer des troupes à la frontière avec l’Afghanistan afin d’empêcher les livraisons d’armes en provenance d’Afghanistan et d’Iran.

Le 4 janvier 1993, les chefs d’État du Tadjikistan, du Kazakhstan, du Kirghizstan, de l’Ouzbékistan, du Turkménistan réunis à Tachkent (Ouzbékistan) projettent de constituer un «marché commun» tout en réaffirmant leur appartenance à la C.E.I.

Le 13 juillet, incursion de rebelles tadjiks à partir de l’Afghanistan. Le 31, les autorités afghanes font état de bombardements russes en territoire afghan, que Moscou qualifie d’«attaques préventives».

Le 24 septembre, 9 des 11 États de la C.E.I., dont le Tadjikistan, signent un accord-cadre qui ouvre la voie à une union économique et monétaire.

Le 19 août 1994, des membres de l’opposition «islamo-démocratique» réfugiés en Afghanistan attaquent un poste frontière et tuent 7 soldats russes appartenant aux forces de la C.E.I.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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